mardi 20 décembre 2011


Trois destins nous nous croisons
Nos mercredis prenaient l'allure de mardis
Dans cette brume que mélangeaient nos corps
Les mots, les mains, tout faisaient vibrer l'air autours
Sur la vitre quelques gouttes plaquées par le vent
Une écriture que nous ne pouvons déchiffrer

Il fait un degré de moins et deux minutes de plus
Je crois que quelque part il est écrit dimanche
Un homme a toussé quatre fois puis le train est parti
Le train n’est pas vraiment parti
Il y eut une secousse tu as pensé à elle et le quai a glissé
Demain c’est jeudi un oiseau signe le ciel

lundi 24 octobre 2011


Parce que l'automne nous inonde de sa fragile lumière
Les feuilles tremblotantes du saule puis le mur blanc
Page où s'écrit le commencement du monde par petits traits
D'abord l'ombre de quelques feuilles soulignées par le radiateur
Puis le rectangle lumineux qui couronne le lit toujours défait
Enfin les voix rescapées de la nuit pourront se mêler aux odeurs
Plus fortes du café du pain qui grille du dentifrice et du parfum
Et sans attendre l'accord final nous endosserons le manteau du jour
(Jamais nous ne saurons vraiment le langage des ombres)

mercredi 12 octobre 2011

Car le matin existe presque au creux de la main
Une fumée s'élève au loin (blanche : ce n'est pas une voiture
Qui flambe) recouvre l'apparition de la montagne
Le doux mirage de la montagne derrière les toits

Plus tard ce sera choisir des numéro 2 puis s'attabler
Face à l'espace d'un après-midi brûlant
Accaparé tout entier par l'accord délicat du vin
Avec la blancheur de la lotte et la saveur infinie
De l'huître rescapée du diamant de la nuit

dimanche 2 octobre 2011

Je crois toujours en l'héroïsme
Assis sur ce banc  - ma valise mes airs d'Italien
"C'est que je ne suis pas mort" dis-je en reprenant souffle

J'apprends l'italien sur ce banc parmi les vivants
A mes pieds tes lettres déchirées puis voir le reste du monde
Derrière les nuées de branches où pour finir tout redevient puzzle

Assis dans cette langue déconjuguée je goûte
Au temps qui s'échappe j'attends ce train pour l'Italie
Qui s'en ira peut-être sans valise et sans moi

samedi 24 septembre 2011


Ce jeudi l'Eden est vide
Flotte sans végétaux mais au point le plus haut :
Les restes d'un serpent
Un homme et une femme statufiés
A chaque étage des jardins - regard vide
Peau blême - jardins suspendus que je détaille
Depuis le canapé
D'où la lumière ne m'atteint pas



samedi 3 septembre 2011

levers


Dans le couloir qui mène à l'escalier
Deux enfants se préparent à la lumière
A la traîne poudreuse de l'été

Nous entendrons le souffle de la bouilloire
- bruissement du frigo, pas qui traînent
Les petits descendront marche par marche
- métal sur bois, verre sur toile cirée sur bois
Fumet frissonnant du café dès les premiers pas
Les grands : regard usé et voix rugueuse

Au sol, traversés par la lumière, les mômes
Etendront leurs jeux sur le carré d'herbe
- discussions devenues bourdonnement

Peu de choses resteront dans nos filets
Peut-être ceci

vendredi 24 juin 2011


A travers tous les je voudrais dire
Une journée s’est écoulée digérée par la pluie
Si fine pluie – j’ai refait du café regardé les fleurs
Du citronnier que tu m’a offert et dont j’ai fini les fruits

Dans ce cas la nuit a vite raison du voile grisâtre
Déjà j’entends les voix qui m’appellent à dîner
A sortir et celles plus anciennes veulent s’enlacer
Voix que j’ai gardées pour détremper ma solitude

Au fond de ce jardin se tenait mon arbre et qu’il soit mort
Ne change en rien l’ardeur de l’attente la posture
Qu’enfant je nourrissais et qu’à tâtons je cherche